Tu veux faire quoi quand tu seras grand ? Etre un génie!

Leonard De VinciEn septembre, j’ai demandé à mon fils de 6 ans ce qu’il voulait faire plus tard. Il m’a répondu : « je veux être un génie ». Surpris de sa réponse, je lui demande alors s’il veut être un génie qui exauce les voeux, comme dans Aladin et il me rétorque « Non, papa, t’as rien compris, je veux être un génie qui invente des choses et qui explique aux autres comment cela marche ». Etant ingénieur de formation, j’allais bien réussir à aider mon petit Léonard de Vinci en herbe.

Il jouait déjà aux Kapla®, aux Lego®, je me suis demandé comment il pouvait aller plus loin dans ses inventions.

Nous avons essayé ensemble les Mécanos®, des Lego® plus évolués et même des fabrications de robot en kit. Après avoir exploré un peu de mécanique, d’électronique et de bricolage, il souhaitait aller plus loin : « Je veux faire des jeux vidéos maintenant ».

Je lui réponds : « Tu veux FAIRE des jeux vidéo ou JOUER aux jeux vidéos ? ». Un silence suivit ma question.

Je poursuis : « Tu pourras jouer aux jeux vidéos que l’on fabriquera ensemble ». Je lui ai alors montré Scratch, un logiciel développé au MIT dans les années 2000 qui permet d’initier les enfants à la programmation en s’amusant à créer des jeux.

Il comprenait bien que l’on pouvait construire une maison, un village, un château fort avec ses Lego® et ses Kapla®. Mais construire un logiciel ou un jeu vidéo était abstrait. En discutant avec ma femme, je me suis aperçu que c’était également abstrait pour les adultes.

A 6 ans, il avait beaucoup de mal à comprendre la finalité de Scratch. Il voyait ce logiciel comme un jeu et pas comme un outil pour construire les jeux.

Je me suis alors rappelé comment j’avais découvert la programmation. Dans les années 80, quand j’avais 7 ans, un instituteur de notre école avait créé une salle informatique. Il y avait des robots en Lego, un minitel que l’on pouvait programmer, des fer à souder, des diodes, des résistances entassées sur des étagères. Le logement de cet instituteur était adossé à l’école et sa femme était ma nounou. Je passais donc une bonne partie de mon temps libre autour de l’école et parfois je pouvais rester quelques heures dans cette caverne d’Alibaba. C’était un FabLab avant l’heure (20 ans avant que le MIT lance ce mouvement).

C’est dans cette école que j’ai découvert le Logo, les crayons optique sur les T07 (des ordinateurs Thomson) et la programmation du minitel (oui, oui la programmation des pages minitel et pas l’utilisation).

logo_mitMes premiers pas en programmation se sont faits avec une tortue qui se déplaçait avec un code composé d’instructions simples. Nous avions un dessin à faire, par exemple une maison, et il fallait écrire les instructions pour réaliser cette figure. Par exemple, nous écrivions AV (Avance), TG (Tourne Gauche), TD (Tourne Droite). Il y avait même les instructions LC et PC pour Lever Crayon et Poser Crayon.

Lorsque j’écrivais ces instructions, j’avais le plaisir de voir tout de suite le résultat de ce que j’avais pensé. Voir le résultat immédiat de notre pensée est un des moteurs les plus puissants pour l’apprentissage et la créativité (C’est sûrement pour cela que les développeurs passent des heures à programmer les machines et ne peuvent s’arrêter. Les machines leur indiquent s’ils ont réussi ou pas en permanence. Combien de métiers offrent ce feedback immédiat?).

J’ai pris conscience que la programmation des machines était un formidable moyen d’apprentissage et de développement de la pensée. Quand vous programmez une machine, vous souhaitez atteindre un objectif (par exemple, la tortue doit aller d’un point A à un point B) et vous devez définir une stratégie pour l’atteindre en séquençant des instructions. En voyant le résultat, vous pouvez alors changer de stratégie ou encore l’optimiser.

En aidant mon fils à devenir un « génie», je commençais à me sentir frustré car je trouvais peu de jeu adapté à cet apprentissage. En particulier, comment lui faire découvrir les concepts de la programmation en se passant des écrans. Je n’ai aucun problème avec les écrans, mais je m’apercevais qu’il avait du mal à comprendre certains concepts car le monde était représenté en 2D. Je constatais aussi qu’il intérragissait beaucoup moins avec les autres quand il était derrière un écran. Quand il jouait aux Lego® ou aux Kapla®, les éléments de constructions servaient de « jetons de communication » que l’on se passe et qu’on se répartit physiquement pour coopérer.

J’avais envie de créer des jeux, des outils pour l’accompagner et il était difficile de le faire seul. Il y a un mois, j’ai appelé quelques amis et je leur ai dit que j’avais envie de tester l’idée lors d’un startup week-end. Nous sommes allé à Montpellier, nous avons rencontré d’autres personnes qui étaient intéressées par le projet et l’équipe MagicSquare était née. Voici un petit aperçu de ce qui s’est passé pendant ce week-end :

Cela fait maintenant un mois que nous travaillons au quotidien pour lancer un jeu en septembre qui permettra aux 5 à 7 ans de découvrir la programmation en s’amusant et sans écran. Nous allons écrire notre histoire dans ce blog, en espérant qu’elle vous amusera, vous inspirera et nous partagerons avec vous notre mission : « Aider chacun à devenir créateur ! »